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Introduction
Parmi les objets nouveaux qui,
pendant mon séjour aux États-Unis, ont attiré mon attention, aucun n’a plus
vivement frappé mes regards que l’égalité des conditions. Je découvris sans
peine l’influence prodigieuse qu’exerce ce premier fait sur la marche de la
société ; il donne à l’esprit public une certaine direction, un certain
tour aux lois ; aux gouvernants des maximes nouvelles, et des habitudes
particulières aux gouvernés.
Bientôt je reconnus que ce même
fait étend son influence fort au-delà des mœurs politiques et des lois, et
qu’il n’obtient pas moins d’empire sur la société civile que sur le
gouvernement : il crée des opinions, fait naître des sentiments, suggère
des usages et modifie tout ce qu’il ne produit pas.
Ainsi donc, à mesure que j’étudiais
la société américaine, je voyais de plus en plus, dans l’égalité des
conditions, le fait générateur dont chaque fait particulier semblait
descendre, et je le retrouvais sans cesse devant moi comme un point central
où toutes mes observations venaient aboutir.
Alors je reportai ma pensée vers notre hémisphère, et il me
sembla que j’y distinguais quelque chose d’analogue au spectacle que
m’offrait le nouveau monde. Je vis l’égalité des conditions qui, sans y avoir
atteint comme aux États-Unis ses limites extrêmes, s’en rapprochait chaque
jour davantage ; et cette même démocratie, qui régnait sur les sociétés
américaines, me parut en Europe s’avancer rapidement vers le pouvoir.
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mardi 29 septembre 2015
sociologue n°4: de Tocqueville
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